Non au jetable : Conseils pratiques pour éviter les produits jetables Oui au durable : Conseils pratiques pour choisir des produits durables Conseils pratiques pour allonger la vie des produits

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Les enjeux

 

Surconsommation

Nous consommons toujours plus de ressources, alors que celles-ci s'épuisent

Notre consommation s’élève à un niveau tel que les capacités de renouvellement des ressources sont compromises. Nous consommons trop, et la planète ne peut pas suivre.

Pour chaque produit consommé, il faut tenir compte de ce que nous appelons les impacts cachés de nos consommations : par exemple, l'eau employée pour sa fabrication ou la surface de terre utilisée pour le produire

Par exemple, un simple tee-shirt nécessite plus de 2 700 litres d’eau et une tasse de café 140 litres. Nous devons prendre conscience des impacts de nos consommations et agir en les réduisant ! Relocaliser et réduire nos consommations doivent permettre plus d’équité dans le partage des ressources. [1]

L'enjeu ne concerne donc pas uniquement le produit, mais plus globalement l'usage des ressources naturelles qu'il a engendré pendant sa durée de vie. Le rapport Overconsumption  [2]  publié en 2009 par Les Amis de la Terre Europe met en évidence les matières premières et l'énergie nécessaires pour fabriquer le produit, le transporter, le vendre, puis le traiter en fin de vie : le « sac à dos écologique » d'un produit de 7kg est de 60 kg. Un CD a un « sac à dos écologique » d'environ 1,6 kg.

Articles sur le sujet :

Surconsommation des ressources naturelles, le défi.

Documentaire : "La puce à l’oreille" sur la surconsommation des téléphones portables.

 

Déchets

Notre production de déchets a doublé en quarante ans engendrant d'importants impacts environnementaux (pollutions des sols, de l'air et de l'eau) et sanitaires (les dioxines émises par l'incinération provoquent des cancers et des pathologies respiratoires).

Nous jetons chaque année en France 31 millions de tonnes de déchets ménagers, soit l'équivalent de 3 000 Tours Eiffel  (si l'on compare le poids).

C'est également 15 millions de tonnes de CO2, pour traiter les déchets, émis chaque année, soit 3% des émissions annuelles de la France. En effet l'incinération et le stockage sont encore les méthodes privilégiées pour gérer les déchets (selon un rapport des Amis de la Terre, la moitié des matériaux potentiellement recyclables au sein des déchets résidentiels, commerciaux et industriels de l'Union Européenne ont été incinérés ou enfouis en 2004)3. Le mode de gestion actuel des déchets contribue donc au réchauffement climatique.

De plus la gestion des déchets coûte aux collectivités et à leurs contribuables par le biais de la taxe ou de la redevance d'enlèvement des ordures ménagères2. Ce mode de financement actuel ne répartit pas équitablement les responsabilités. Cette tarification n'est pas proportionnelle à la quantité des déchets produits, mais surtout la responsabilité financière par les producteurs n’est pas effective pour tous les produits. Nous sommes donc loin du principe pollueur-payeur1.

Enfin, le problème des déchets recouvre d’autres enjeux et reflète un mode de vie qui n'est pas durable.


[1] C'est le principe selon lequel les frais liés à la dépollution d'une activité doivent être imputés au pollueur. Il a été décliné notamment avec l'instauration d'un marché du carbone (attribution de quotas d'émissions de CO2 par les gouvernements signataires du protocole de Kyoto).

[2] Pour plus d’infos sur la taxe, la redevance d'enlèvement des ordures ménagères et la tarification incitative : Ademe, La redevance incitative.

[3] Les Amis de la Terre Europe "Gone to Waste :The Valuable Resources that European Countries Bury and Burn", octobre 2009 

 

Tout le monde veut sauver la planète, mais personne ne veut sortir les poubelles » Jean Yanne

En France, à peine plus d’un tiers de nos ordures ménagères est recyclé ou composté. Que deviennent les 68 % restant ? Selon Eurostat, organisme chargé de la production des statistiques officielles de l’Union européenne, 36 % des déchets municipaux français sont mis en décharge et 32 % de ces mêmes déchets sont incinérés¹.

L’incinération, procédé basé sur la combustion des déchets permet certes de réduire le volume des déchets... mais il génère aussi des fumées et des résidus toxiques pour l’homme et la nature. Chaque tonne d’ordures brûlée produit 6 000 m³ de fumées, 300 kg de résidus solides, les mâchefers, ainsi que 40 à 80 kg de résidus d’épuration des fumées (REFIOM)².

Voici pour l'incinération. Et qu'en est-il pour la mise en décharge ? Une fois acheminées sur le site d'une des 250 décharges françaises, aussi nommées centres de stockage ou d'enfouissement, les ordures sont déchargées pêle-mêle dans des trous appelés casiers. Elles sont tassées afin de réduire leur volume et de favoriser la fermentation des matières organiques. Cette décomposition par fermentation des déchets produit un jus, le lixiviat. Ce jus est chargé de multiples bactéries, métaux lourds et de substances toxiques provenant des différents déchets.

[1] Chiffres Eurostat pour l’année 2008

[2] Chiffre du CNIIDA

Articles sur le sujet :

Les surcapacités d'incinération menacent le recyclage en Europe

Edition spécial de la revue la Baleine

 

Réduire, réutiliser, recycler

Une radio qui ne marche plus, un ordinateur un peu lent ? Parfois, il est plus facile de délaisser un produit et de le jeter plutôt que de lui offrir une seconde vie. Car l’objet qui est devenu « encombrant » pour les uns, peut sûrement encore servir à d’autres ou être transformé. Véritables alternatives pour retarder la mise au rebut, la réparation et le réemploi sont légalement les premières options à privilégier dans la gestion des déchets, mais elles sont encore méconnues.

Or, des milliers de réparateurs indépendants, d’artisans et de commerçants spécialisés sont à deux pas de chez nous et proposent leurs services pour réparer ou adapter vos équipements, vos produits. Ainsi, en prolongeant la durée de vie ou en favorisant une seconde vie des produits, il est possible de faire des économies par rapport au rachat d’un produit neuf tout en préservant l’environnement et les emplois de proximité.

Donner une seconde vie à ses produits est aussi un geste solidaire. Des structures se sont en effet spécialisées dans la remise en état des objets pour lutter au quotidien contre l'exclusion. Le mouvement Emmaüs, le réseau Envie et depuis plus récemment le réseau des Ressourceries offrent ainsi une activité à des milliers de personnes qui collectent, réparent ou vendent les objets.

Articles sur le sujet :

Donnons une seconde vie à nos objets, pensons à la réparation !

Emballages - Des commerçants disent stop au gaspillage

Aluminium : de plus en plus consommé, trop polluant, pas assez recyclé

 

Obsolescence Programmée

C’est l’ensemble des stratégies mises en place par les industriels pour réduire la durée de vie des biens qu’ils produisent. Les techniques sont moins grossières ou plus vicieuses :

  • des pièces détachées introuvables et qui changent à chaque génération de produits.

  • des logiciels qui rendent des smartphones et tablettes obsolètes en quelques années. Les produits se renouvellent plus vite, les systèmes d’exploitation aussi.

  • des batteries qui sont indémontables bien que cette pratique soit interdite au niveau européen.

  • des chargeurs qui continuent d’être différents entre les marques, les gammes et les générations alors que 17 constructeurs s’étaient engagés à développer un chargeur universel.

Plus d'information. Ici

Articles sur le sujet :

La sortie du nouvel iPhone5 obsolescence programmée en série

L'obsolescence programmée remet en cause la politique de prévention des déchets

Obsolescence des produits high-tech : comment les marques limitent la durée de vie de nos biens.

L’obsolescence programmée, symbole de la société du gaspillage.

Reportage : Qu'est-ce que l'obsolescence programmé?

Documentaire : Prêt à jeter.

Obsolescence programmée, obscène !  

 

High-Tech

Les performances environnementales des produits high-tech s’affichent désormais dans les boutiques ou sur les sites Internet. Signe d’une meilleure prise en compte des enjeux environnementaux ? Pas vraiment si l’on observe les derniers smartphones commercialisés par deux géants du secteur, Apple et Samsung. La production de l’iPhone 5 émet ainsi 36 % de gaz à effet de serre de plus que celle de l’iPhone 4S, commercialisé un an plus tôt.

Surtout, lors de la production, les conséquences de l’exploitation minière dans les pays du Sud où sont extraits les métaux utilisés pour les smartphones (étain en Indonésie, terres rares en Chine), les destructions environnementales ou pollutions ainsi que les rythmes de travail imposés aux ouvriers des usines d’assemblage sont souvent passés sous silence. Des impacts qui s’aggravent avec le rythme soutenu de renouvellement de ces produits et la consommation de masse qui y est liée : il se vend depuis 10 ans près de 20 millions de téléphones par an en France. La surconsommation liée à l’innovation et aux stratégies publicitaires a contribué à créer une véritable obsolescence programmée et commerciale. En effet, les constructeurs n’informent pas sur le meilleur moyen de réduire l’impact de ces consommations comme allonger la durée de vie des produits. Pire, constructeurs et opérateurs usent de tous les stratagèmes pour réduire la durée de vie de leurs produits.

Plus d'information sur la high-tech. Ici

Articles sur le sujet : 

Mining for smartphone : Le véritable coût de l'étain

 

Prévention

La clé, c'est la prévention. Et cela passe notamment par la réduction de la consommation matérielle. Il faut acheter moins d'objets, privilégier les biens durables, allonger la durée de vie des produits via leur entretien et leur réparation. Cela suppose de produire et de mettre sur le marché des produits durables, réparables, réutilisables et d'exclure le jetable.

Pour les déchets organiques, il faut lutter contre le gaspillage alimentaire avant tout, et faire du compost, idéalement de proximité, dans un lombricomposteur, un composteur de jardin ou de pied d'immeuble, et utiliser le compost dans son jardin ou dans des espaces publics. Des collectivités locales, des groupements de citoyens ont mis en place des actions allant dans ce sens (voir pages suivantes). De toute évidence, le recours à l’incinération et à la mise en décharge n’est pas une fatalité.

Articles sur le sujet :

Un monde "auto-suffisant" en ressources naturelles est-il envisageable?